fbpx

  • 511 Sixth Avenue, #K110 New York, NY 10011 USA
  • +1 (646) 688-2946
  • tel:0016466882946
ōßō∑ŔĄō® ōßŔĄō£ōīō¨ōßōĪ GIVE TODAY

PASSEPORT MAROCAIN POUR LE PARADIS

graves in the new Jewish cemetery of EssaouiraNote: this article, by Asher Knafo, is currently only available in French. We hope to have it translated into English very soon.

Pendant un an entre septembre 2012 et septembre 2013, la Fondation du Haut Atlas[1]¬†(High Atlas Foundation ‚Äď HAF) et ses partenaires ont r√©alis√© un programme de pr√©servation et d‚Äôentretien des cimeti√®res musulman, juif et chr√©tien d‚ÄôEssaouira, ville portuaire sur la c√īte atlantique du Maroc. Ces sites repr√©sentent les souvenirs d‚Äôun h√©ritage riche et multiculturel o√Ļ des personnes de diff√©rentes confessions et origines ont partag√© une ville, une vie, un travail, une culture, une langue. Le Maroc incarne l‚Äôint√©gration naturelle de l‚Äôunit√© et de la diversit√©, la compr√©hension du pass√© et son partage avec le monde pour un avenir de tol√©rance de la diversit√© culturelle et religieuse. Ce projet √©tait possible gr√Ęce au soutien du Fonds des Ambassadeurs am√©ricains pour la pr√©servation culturelle.

Afin de perp√©tuer la m√©moire et de faire rena√ģtre l‚Äôesprit de cette¬†richesse culturelle, la Fondation a √©tabli un partenariat avec les associations locales, les collectivit√©s, les √©coliers et les enseignants ainsi que les autorit√©s d‚ÄôEssaouira durant la dur√©e de la r√©alisation du projet. Nous √©tions tr√®s fi√®re aussi de pouvoir travailler avec M. Asher Knafo, fils de Mogador, √©crivain, po√®te et historien afin de mieux comprendre et de sauveguarder l‚Äôinformation et des connaissances cach√©s dans les √©pitaphes du ¬ę¬†nouveau¬†¬Ľ cimeti√®re juif de Mogador, ancienne Essaouira.

Propos sur le cimeti√®re juif d’Essaouira dit “Le nouveau”

Cet article est √©crit √† la suite de mon s√©jour √† Essaouira du 28 avril 2013 au 17 mai 2013 √† l’invitation de la Fondation du Haut Atlas. Cette fondation, soutenue par le Fonds des Ambassadeurs Am√©ricains pour le pr√©servation culturelle, avait entrepris un projet de restauration des cimeti√®res musulmans, chr√©tiens et juifs d’Essaouira en int√©grant les jeunes locaux dans leurs efforts. Durant ce s√©jour j’ai pu poursuivre des travaux d’investigation que j’avais commenc√©s de ma propre initiative trois ans auparavant. Pendant ce deuxi√®me s√©jour, j’ai √©t√© t√©moin des travaux de restauration effectu√©s dans les cimeti√®res. Ces travaux consistaient en d√©frichement, nettoyage des tombes et des espaces entre les tombes et plantation d’arbres et de haies tout autour du cimeti√®re.

Mon pr√©c√©dent s√©jour m’avait appris que la moiti√© du nouveau cimeti√®re √©tait non seulement envahie par les herbes mais surtout par les sables qui ont pratiquement enterr√© des centaines, voire des milliers de tombes.

Il faut savoir que la population juive √† Essaouira a √©t√© de tous temps √©gale sinon sup√©rieure √† celle des musulmans[2], ceci explique qu’il ait fallu deux immenses cimeti√®res pour contenir toutes les tombes. La mission qui m’avait √©t√© assign√©e par¬†la HAF¬†√©tait d’ordre tout √† fait technique. J’ai exprim√© mon d√©sir de me d√©dier plut√īt √† retrouver les traces des po√®tes sur les tombes, leurs √©crits, les grandes figures qui se reposent pour l’√©ternit√© dans ce cimeti√®re. La direction de¬†la HAF¬†a accept√©. C’est ainsi que j’ai pu entreprendre des travaux que j’ai consign√©s sur papier et remis √†¬†la HAF¬†: une liste des noms de famille, une liste des ouvrages cit√©s sur les tombes, une autre des rabbins renomm√©s figurant sur les tombes, des traductions de po√®mes de maris pleurant leurs √©pouses et d’autres de p√®res pleurant leurs fils; tout cela figure dans le compte rendu de mon s√©jour que j’ai √©crit quelques jours apr√®s mon d√©part d’Essaouira.

cleaning the Jewish cemetery

Ce s√©jour a renfonc√© en moi la conviction que ce cimeti√®re est certainement un des plus int√©ressants sinon le plus int√©ressant des cimeti√®res juifs du Maroc, cela pour maintes raisons : historiques, sociologiques, √©tymologiques, g√©n√©alogiques et autres. Le point le plus int√©ressant est certainement le niveau extr√™mement √©lev√© de la po√©sie qu’ont peut trouver sur les tombes. Cette po√©sie est le fait de la pens√©e d’√©minents po√®tes, souvent rabbins qui ont compos√© des po√®mes en souvenir des d√©funts de la communaut√©. A part l’int√©r√™t que nous √©prouvons pour cette lecture lyrique nous pouvons constater le talent, les astuces et les inventions d√©ploy√©s pour rehausser la qualit√© des textes.

Une analyse approfondie de la prosodie de ces po√®mes est¬†n√©cessaire, mais d√©j√† nous pouvons dire que les po√®tes ont puis√© largement dans toutes les formes lyriques des grands po√®tes juifs du Maroc, dont Rabbi David Hassine de M√©kn√®s, Rabbi Moch√© Rapha√ęl Elbaz de Sefrou, Rabbi Yaacov Abehssera d’Erfoud et bien d’autres. D’ailleurs un des po√®tes principaux du cimeti√®re d’Essaouira, Rabbi David Elka√Įm, est reconnu aujourd’hui comme l’un des plus grands po√®tes du monde juif.

On ne peut pas dire que les po√®mes ou les √©pitaphes qui se trouvent sur les tombes aient une forme sp√©ciale qui les d√©signe automatiquement comme telles, car souvent, les po√®tes¬†√©crivaient d’abord un po√®me avec des r√©flexions sur la condition humaine et¬†des consid√©rations religieuses ou autres et c’est seulement apr√®s que venaient les √©l√©ments √©l√©giaques, eux aussi suivis par le nom, les titres, la g√©n√©alogie et la date du d√©c√®s du d√©funt. Les po√®mes sont compos√©s comme tous autres po√®mes avec le m√™me genre de rimes (les rimes riches ou les rimes uniques, c’est-√†-dire les po√®mes dont les vers se terminent par la m√™me rime) les acrostiches normaux ou doubles, les jeux de mots savants ou calembours, l’insertion de versets ou de parties de versets dans les po√®mes, les versets l√©g√®rement chang√©s pour servir les intentions du po√®te, les allusions se rapportant au nom des d√©funts ou √† leurs ascendants, les superlatifs, et surtout les innovations dans la langue c’est-√†-dire la cr√©ation de mots nouveaux d√©rivant de mots ou de noms existants. Pour expliquer cela il aurait fallu que cet article soit √©crit en h√©breu. J’essaierai quand m√™me en donnant un exemple unique : dans le Cantique des Cantiques il est √©crit[3]¬†: “Voici le lit (nuptial) du Roi Salomon”, sur certaines tombes √† Essaouira on trouvera le m√™me verset, au lieu du mot mitato (qui veut dire : le lit de‚Ķ) nous trouverons le mot mithato (qui veut dire : la mort de…) et ainsi on obtient :”Voici le lit (mortel) de Salomon”. A l’oreille, les deux phrases sont identiques. Voici donc comment le po√®te en rempla√ßant une lettre par une autre ayant la m√™me consonance, r√©ussit √† changer compl√®tement le sens de la phrase. Il va sans dire que dans le cas de ce verset, le d√©funt se nommait Salomon.

Cette¬†facult√© d’innover des mots ou des sens de mots sont les faits d’une langue vivante et non d’une langue morte comme nous verrons par la suite.

Dans mon article – Heureux sois-tu, pays aux nombreux fils et aux nombreuses tombes[4], je souligne que toutes[5]¬†les tombes des cimeti√®res juifs d’Essaouira, sont √©crites en H√©breu.

Il faut dire que les tombes de ces cimeti√®res y ont √©t√© creus√©es depuis la cr√©ation d’Essaouira en 1764 par le Sultan Sidi Mohamed jusqu’au d√©part des Juifs pour diff√©rentes direction et surtout pour Isra√ęl dans les ann√©es 60 du 20√®me si√®cle. Or pendant cette p√©riode l’H√©breu √©tait consid√©r√© comme une langue morte, tout comme le Grec ancien et le Latin. L’expression “c’est de l’h√©breu pour moi” d√©montre √† quel point l’H√©breu √©tait une langue que personne ne parlait ni ne comprenait. Les Juifs eux-m√™mes, pour la plupart, ne comprenaient pas un mot d’h√©breu. Chose curieuse, ils le lisaient parfaitement dans les livres de pri√®res ou dans la Thora, mais c’√©tait une lecture automatique dict√©e par le devoir et les lois religieuses. Les enfants √† la “sla”[6]apprenaient √† lire mais n’apprenaient pas la langue. M√™me pendant l’enseignement de la Thora, le ma√ģtre traduisait en arabe juste pour que l’enfant comprenne ce qu’il venait de lire, mais il n’en r√©sultait pas un enseignement syst√©matique de l’h√©breu avec ses r√®gles, sa grammaire et son usage. Devenu adulte, l’√©l√®ve savait parfaitement lire mais il ne comprenait pas, ou comprenait tr√®s peu ce qu’il lisait. Ceci concerne les hommes, quant aux femmes, elles¬† ne savaient m√™me pas lire, car elles n’√©taient pas tenues de prier ou d’√©tudier la Thora et par cons√©quent, elles n’allaient pas √† la “sla” chez le rabbin

Jewish graves in Essaouira-MogadorQui savait l’H√©breu? Les rabbins et les √©rudits. Les auteurs d’ouvrages sur la Thora, comme rabbi Yossef Knafo, rabbi Avraham Coriat, rabbi Ytshak Coriat (tous rabbins-auteurs d’Essaouira, mais il en allait de m√™me pour les rabbins du reste du Maroc) √©crivaient leurs livres en H√©breu et des fois en Jud√©o arabe √©crit en lettres h√©bra√Įques. L’usage de la langue h√©bra√Įque par les rabbins et √©rudits, √©tait courant dans toutes les communaut√©s juives du monde et elle leur permettait de correspondre. Les “responsa” sont les r√©ponses aux questions de jurisprudence que les rabbins de toute la Diaspora se posaient d’un pays √† l’autre, et les rabbins du Maroc √©taient des plus sollicit√©s.

Nous avons donc des tombes √©crites en H√©breu alors que seulement une petite minorit√© de personnes parle la langue h√©bra√Įque d√©nomm√©e aussi¬†Lachone Hakodech,¬†la langue sacr√©e ou plut√īt la langue du Sacr√©.

Mais nous avons aussi la grande masse qui lisait l’H√©breu sans le comprendre (les hommes) et d’autres qui ne savaient ni le lire ni le comprendre (les femmes). Ajoutons √† cela, que tous les membres de la soci√©t√© juive avaient un v√©ritable culte des morts et qu’ils venaient tr√®s souvent visiter leurs morts et allumer une bougie sur leurs tombes. Les familles prenaient grand soin des tombes, les lavaient, les astiquaient, les ¬†chaulaient. Il est vraisemblable que chacun des membres de la famille du d√©funt s’√©tait fait expliquer le sens des mots figurant sur la tombe, mais bien s√Ľr cela ne rempla√ßait nullement le besoin de lire et de comprendre ce qui √©tait dit de leurs chers.

Les familles perdaient un parent s’adressaient aux meilleurs po√®tes pour que ceux-ci couvrent de louange leur cher disparu.

Pourquoi en √©tait-il ainsi ? Pourquoi ne commandaient-ils pas leurs √©pitaphes en Jud√©o arabe, langue qu’ils comprenaient et savaient lire ? Pourquoi, √† la venue du Protectorat fran√ßais, ne command√®rent-ils pas une √©pitaphe en langue fran√ßaise que beaucoup comprenaient, femmes incluses ?

A mon avis, la raison principale de ce choix d√©lib√©r√© de l’H√©breu, venait du fait que les √©pitaphes ne leur √©taient pas destin√©es. Elles √©taient destin√©es √† Dieu lui m√™me ou √† son tribunal c√©leste qui juge chaque √Ęme qui arrive au ciel apr√®s avoir quitt√© son corps terrestre et selon la croyance juive continue √† √™tre jug√©e longtemps apr√®s la mort et ¬†peut pendant son “existence mortelle” graver des √©chelons pour s’approcher de plus en plus de Dieu.

Les textes grav√©s sur les tombes √©taient adress√©s √† Dieu et cela dictait leur contenu. Une des qualit√©s les plus courantes qui se trouve sur les tombes est :¬†Nassa v√©natane b√©√©mouna,¬†litt√©ralement : “a men√© des pourparlers dans la confiance” mais le sens de ces trois mots est : il a √©t√© un commer√ßant honn√™te. Or, connaissant la vie de certains d√©funts auxquels √©tait attribu√©e cette qualit√©, ils √©taient loin d’√™tre commer√ßants, alors pourquoi les affubler d’une qualit√© qui ne les concernait pas ? L’explication qui s’impose tout de suite est que c’est une qualit√© dite au figur√© et qui veut dire que le d√©funt √©tait fonci√®rement honn√™te dans tous ses rapports avec son prochain.

Mais alors, pourquoi les po√®tes insistaient-ils √† se servir de cette expression et pas d’une autre,¬†plus appropri√©e √† la personne d√©funte ? La r√©ponse se trouve dans le Talmud[7]¬†o√Ļ il est dit : “Ainsi dit Rabba[8]: Lorsque l’on fait venir l’homme[9]¬†pour le juger, on lui demande :¬†Nassata v√©natata b√©√©mouna¬†?¬†(As-tu √©t√© un commer√ßant honn√™te)? As-tu fix√© des heures pour l’√©tude de¬†la Thora¬†? As-tu procr√©√© ? ) On peut voir, donc, que la premi√®re question qu’on pose √† l’homme sur le parcours de sa vie se rapporte √† son honn√™tet√©. L’√©tude de¬†la Thora¬†ne vient qu’en deuxi√®me plan.

Asher Knafo and HAF in Essaouira

Et voil√† pourquoi on √©crivait sur la tombe : Nassa v√©natane b√©√©mouna, expression qui est en fait une r√©ponse √†¬† la premi√®re question¬† qui lui sera pos√©e. Pour r√©pondre √† la deuxi√®me question, on trouvera tr√®s souvent √©crit que le d√©funt √©tudiait tous les jours la Thora. La troisi√®me question est “s’il avait procr√©√©”. Cette question pourrait para√ģtre superflue, ¬†mais les rabbins nous expliquent que¬† dans ce texte, “procr√©er” signifie : √©lever ses enfants dans les chemins de la Thora. C’est pourquoi nous lirons tr√®s souvent que le d√©funt a laiss√© des enfants qui, comme lui, s’adonnent √† l’√©tude de la Thora.

Dans cet esprit nous trouvons souvent l’expression :¬†Mashkim oumaariv l√©bet haknesset¬†(Premier, le matin √† la synagogue, il est le dernier le soir, √† la quitter) destin√©e √† prouver que¬†le d√©funt √©tait d’une grande pi√©t√©.

Une question s’impose : Et si l√†-bas, devant le tribunal, on lui disait :

“Il est √©crit sur ta tombe : Nassa v√©natane b√©√©mouna, et que tu as consacr√© tous les jours du temps √† l’√©tude de la Thora, mais nous savons que √ßa n’a pas toujours √©t√© ainsi !”

“Il en a toujours √©t√© ainsi, j’ai des t√©moins !”

“Et qui sont tes t√©moins ?”

“Ceux qui ont √©crit ces mots et tous ceux qui viennent se recueillir sur ma tombe !”

“Et pourquoi crois-tu que nous devons accepter tes t√©moins ?”

“Mais tout simplement parce que c’est √©crit dans la Thora !”

“Peux-tu nous expliquer ?”

“Il est √©crit dans la Thora[10]¬†: “‚Ķ c’est par la d√©position de deux t√©moins, ou de trois, qu’un fait sera √©tabli.”

Mais l’√Ęme garde son principal atout pour la fin :

“Dans les Pr√©ceptes des Anciens, une question cruciale est pos√©e[11]¬†; Quel est l’homme qui plait √† Dieu ? La r√©ponse est : celui qui plait aux humains. Or, regardez ce qui est √©crit sur ma tombe : Rouah Habriot noha hemeno ‚Äď Il (elle) a plu aux humains.

Ainsi, tout se qui est √©crit sur les tombes juives n’est qu’un plaidoyer devant le tribunal c√©leste, et il doit se d√©rouler en “Lachone Hakodech” – la langue du Sacr√©

Autrement dit : les tombes au cimeti√®re juif d’Essaouira sont¬†un passeport pour le “Gan Eden” (paradis) et voil√† pourquoi le rabbin, dans son oraison fun√®bre le jour de la mort, d√©cr√®te :

“B√©Gan Eden t√©h√© menouhato[12]” (son √Ęme reposera en paix au paradis).

Asher Knafo
Septembre 2013

Asher Knafo¬†est √©crivain, po√®te, chercheur de l‚Äôhistoire des juifs marocains et fils de Mogador. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages de fiction et non-fiction bas√©e sur la vie des Juifs du Maroc.

[1]  https://highatlasfoundation.org/projects/cultural-projects

[2]Le po√®te mogadorien ¬†I. D. Knafo √©crivait en 1990 : “Il y a cent ans, Mogador comptait 25000 habitants dont 13000 Juifs. Il y a 35 ans 7000 Juifs. Il y a 25 ans 5000.” ( le M√©morial de Mogador, dans la pr√©face) J√©rusalem 1992.

[3] Chapitre 3 versets 7-8

[4] ¬†La bienvenue et l’adieu, 3√®me tome, p. 157 ed. La crois√©e des chemins, Casablanca 2010 et aussi en H√©breu dans Brit 29 ‚Äď La revue des Juifs du Maroc p.54

[5] Exception faite de deux ou trois tombes

[6] ¬†L’√©quivalent du “Heder” – √©cole pour petits enfants tenue par un rabbin

[7]  Chabbat 31

[8]  Rabbin du Talmud

[9]  Après sa mort

[10] ¬†Deut√©ronome 19 ‚Äď 16 (Traduction Zadoc Kahn)

[11]  Préceptes des anciens, chap. 3

[12] Se trouve dans El malé rahamim Рla prière des morts

Leave a Comment

CROSS-CULTURAL VOLUNTEER EXPERIENCE WITH HAF

A post by HAF Volunteer Fionn Herold After two days working and volunteering in the office of the High Atlas Foundation (HAF) in Marrakech I got the opportunity…

ESSAOUIRA CEMETERY PROJECT – FINAL EVENT

(EN)¬†HAF will present the outcomes of its one-year Essaouira cemetery project supported by the US Ambassadors Cultural Preservation Fund and the Association Essaouira Mogador on 1 October at…